dimanche 19 février 2017

Désastre


Longtemps je suis resté sauvage
sans langage pour dénuder les choses
l’avion passant, invisible, au-dessus de mon récif vivant
faisait un souffle maternel
lorsque du bout des doigts
je touchais mon visage
je ne reconnaissais rien
ni ville ni plaine aux excavations sacrilèges
j’ai laissé mon corps dériver
des lueurs se sont déposées
comme autant d’ecchymoses
sur le travail aveugle de la foule
à se rendre chaque jour un peu plus orphelin
les phosphorescences souterraines
le pétrole de tout âge pour étouffer la mer
et l’eau, forcée de devenir assassine
c’étaient nos ultimes crachat sur l’épave

vendredi 13 janvier 2017

sans titre

Nés sur un sol déclive
le mensonge vient tâcher jusqu'à notre sommeil

c'est aujourd'hui qui nous fait ça

ils jettent du pain

qui s'amasse durcit gifle des continents

tandis que la mer ramène sans cesse

des morts sans écailles

les cartes, les courbes de niveaux

ne sont plus justes

les feux devraient nous revenir

au visage et dans la foule

disent les plantes entre elles

le soleil n'a jamais été aussi proche

tout vibre déjà

lundi 2 janvier 2017

Sans titre

les cuisses du chasseur
le cœur de la proie
nous étions dans les ralentis du moteur
tous feux éteints
près du col
la route peinte de noir
et la laine de l'aube pour secours
nous étions enroulés dans les eaux infimes
couturés jusqu'à l'os de leur graisse glacée
à l'abrupt du quai
à l'aplomb des conteneurs
et le ventre cendré
qui finit par crever de pluies lourdes comme des heures
sans rafraîchir nos plaies intouchables
longeant une treille coupante
nous buttions sur les infinies petites dents du sol
ombres râpées sur ce pain et cet or
qui brillent de moins d'éclat que l'encre d'un tampon

lundi 19 décembre 2016

samedi 17 décembre 2016

mercredi 7 décembre 2016

sans titre

Ne sachant pas moi-même construire une maison 
je vais par les chemins
désarmé
je n'en veux pas
aux animaux qu'ils ont dressé devant moi  
et qui dessinent des houles blessées sur la
carte
je sais la musique des chaînes
je ne leur en veux pas
moi aussi j'ai été dans les pierres
jetées contre des corps
le goût du sang dans la bouche
est celui du soleil
tout le décor
toute sa poussière
se remontent à l'aveugle
rien ne glisse, rien n'est souple
l'émeraude grasse des plantes
me manque plus que l'eau
je suis là, sans histoire, terrassé,
et je reconnais comme mes frères
les blocs de carrière rectilignes
qui s'effondrent dans un fracas doré

dimanche 20 novembre 2016

"Atelier" lu par Cathy Garcia Canalès

“Atelier”, publié dans le numéro 52 (octobre 2015) de la revue Nouveaux Délits, lu par Cathy Garcia Canalès.