lundi 27 mars 2017

dimanche 19 mars 2017

La terre a tremblé


au sommet d'un immeuble blanc
aux mille frères russes
le sol s'est mis à nous parler
le sang que pompait la terre
a imprimé sa danse aux murs
les cils ne battaient plus
le corps entier forcé d'écouter
de tous ses atomes
puis, dans la décrue d’un signe magique,
rejeté sur la grève du silence
et l'on a ri
et l'on a bu le thé au lait
heureux que la tempête souterraine
nous ai effleuré seulement
lumière figée
tout était resté collé aux lèvres du ciel
par les fenêtres d'ici
les teintes formaient des continents inouïs
d'en bas, comme un parfum
sont montés les appels du nomade à cheval
qui glissait dans les ombres des bâtiments
pour vendre son lait

était-ce mon premier jour ici ?
déjà je formais des vœux

mardi 28 février 2017

dimanche 19 février 2017

Désastre


Longtemps je suis resté sauvage
sans langage pour dénuder les choses
l’avion passant, invisible, au-dessus de mon récif vivant
faisait un souffle maternel
lorsque du bout des doigts
je touchais mon visage
je ne reconnaissais rien
ni ville ni plaine aux excavations sacrilèges
j’ai laissé mon corps dériver
des lueurs se sont déposées
comme autant d’ecchymoses
sur le travail aveugle de la foule
à se rendre chaque jour un peu plus orphelin
les phosphorescences souterraines
le pétrole de tout âge pour étouffer la mer
et l’eau, forcée de devenir assassine
c’étaient nos ultimes crachat sur l’épave

vendredi 13 janvier 2017

sans titre

Nés sur un sol déclive
le mensonge vient tâcher jusqu'à notre sommeil
c'est aujourd'hui qui nous fait ça
ils jettent du pain
qui s'amasse durcit gifle des continents
tandis que la mer ramène sans cesse
des morts sans écailles
les cartes, les courbes de niveaux
ne sont plus justes
les feux devraient nous revenir
au visage et dans la foule
disent les plantes entre elles
le soleil n'a jamais été aussi proche
tout vibre déjà

lundi 2 janvier 2017

Sans titre

les cuisses du chasseur
le cœur de la proie
nous étions dans les ralentis du moteur
tous feux éteints
près du col
la route peinte de noir
et la laine de l'aube pour secours
nous étions enroulés dans les eaux infimes
couturés jusqu'à l'os de leur graisse glacée
à l'abrupt du quai
à l'aplomb des conteneurs
et le ventre cendré
qui finit par crever de pluies lourdes comme des heures
sans rafraîchir nos plaies intouchables
longeant une treille coupante
nous buttions sur les infinies petites dents du sol
ombres râpées sur ce pain et cet or
qui brillent de moins d'éclat que l'encre d'un tampon