dimanche 24 juillet 2016

Synthèse

Face aux heures amoncelées sur la ville
unie et close
il pense aux plantes quand elles deviennent des palais intimidants
et finissent par ne plus répondre
il pense aux ciels qu'il n'a pas touché
saturés d'escadrons de myrrhe, de résine
aux fruits comme des avaries solaires, prêts d'éclater
les taches de cobalt sur la carte
se sont sans doute les larmes du peintre
la vie s'est chargée de les vitrifier
il redessine deux corps
dans l'air instable
deux corps emmiellés
tombés sans hâte
entraînés par la lumière dans une danse hermétique
deux corps comme des criques amères
deux corps
dans la course suave de leur floraison
hymne brûlé

lundi 16 mai 2016

sans titre

Jardin pièces d’eau meurtris
pont rompu
le bel animal est à terre
nos chirurgies ont glissé sur les eaux
frustes du songe
comme les insurgés, adossés au mur encore brûlant,
nous avons regardé sans crainte monter cette
mer fidèle
bâillon sur nos plaies
nous avons déterré sa poitrine secourable
quelques heures
avant les ors cruels de l’aube
avant que le sel ne floute à demi cette
grande carcasse
la grande marche dans la chambre d’échos
les rues sont noires de doléances
petit enfant petit oiseau brûlé
quelques heures
et le jour hissé, drapeau sans couleur sur
les nouveaux champs d’esclaves.
Nos chirurgies ont passé le parapet
creusant crevant le théorème
infiniment précis
infiniment logique
qu’ils avaient glué pour nous
je tombais tombais tombais
dans leurs écrans de contrôle
mon corps brillait comme une lame chercheuse