lundi 11 septembre 2017

Publication dans le recueil collectif "L'instant fugace"



 
Publication de deux textes dans le recueil collectif de textes courts "L'instant fugace" n.1, paru en septembre 2017 aux éditions Jacques Flament.
(2e image : l'un des deux textes publiés)



http://www.jacquesflamenteditions.com/307-linstant-fugace/



 

dimanche 27 août 2017

heure cassée


Il est assis au bord du lit
tout dans la pièce est hors d'atteinte
collée à ses lèvres, une cigarette se consume lentement
le jour de fer blanc, que les stores à demi fermés retiennent dehors
dénude tout de même un bras de poussière
comme une tornade de sable minuscule, ralentie
il tourne le dos à la piscine dans la cour intérieure
il n'a pas vu encore le motif de plante grasse de ses eaux immobiles
immobiles, comme lui,
à ses côtés le costume de jais s'étire de tout son long
un double de lui-même, dépassionné
du bout des doigts il effleure le tissu mat
un coup d’œil à l'horloge
le bois vernis s’effacera sans lui sous les pelletés de terre
il n'ira pas.

Le souffle étouffé d'un avion lui parvient
doux, rassurant parce qu'il ne porte pas de message
sur l’écran face à lui
le lion d'une savane incolore
vient de sauter sur les flancs de sa proie



mardi 11 juillet 2017

Passage

Ne dis pas : c’est autrefois qu’il pleuvait à grosses gouttes des billes d’acier
à la fraîcheur de l’aube casquettes et treillis aiguisent les méridiens
les nouvelles alliances, la main mordue, même si c’est la plus tendre des chairs
les nouveaux alliages, du coltan et du sang étouffés par la terre
la meute et le troupeau se frottent, unis dans une paume
et c’est toujours la même musique
de droite à gauche et de gauche à droite
les panneaux stop et douane brillent et restent seuls lisibles
quand la bâche
la route neuve
le téléphone en charge dans la laverie
les bouteilles de plastique incendiées
s’enfoncent ensemble dans les jours meubles
qui n'aura pas croisé d’Ulysse au sang amer
la terre tatouée sous les ongles
le goût des grillages dans la gorge
et pour celui qui porte son mauvais nuage
pas à pas sur une route dévolue à la nuit
les cornes de ses chèvres
et les fleurs d'hibiscus
attendront de fleurir

dimanche 11 juin 2017

jeudi 25 mai 2017

des pages manquent (de 61 à 95)

Dans mon livre d'histoire
ma ville a les yeux crevés
des silhouettes chutent des ponts
comme du bois mort
les marches du métro sont rouges tièdes
je cherche des noms
gravés de droite à gauche sur le ciel glacé
à défaut du granit enfoncé d'or
mon livre d'histoire fait comme un soc dans la boue de Nanterre
sous une pluie de la longueur d'une plainte
sous les soleils captifs
mon livre d'histoire est recouvert d'une bâche
et d'un amas de tôle
il prend des coups
penché longuement sur les eaux bâillonnées
je cherche les visages crûment dénudés dans les éclats d'ampoule
des bleus de travail qui dorment sous les pierres
entre les pages, mare nostrum est prise dans un orage spécial
le claquement couperet des arcs électriques n'est jamais rentré dans Paris
mon livre d'histoire
n'est pas le grainetier qu'il devrait
des portes s'y ferment sans bruit
sur les meubles assourdis d'une vieille maison de chair