mercredi 23 novembre 2011

Les conquérants

Ces îles aiguës ne nous attendaient pas
des voleurs d'images
des voleurs de chants
nous sommes passés
sous le regard éteint des eaux
le chemin
jonché de phalanges inertes
et le vol jaune, l'auréole des terres
n'a pas suffi
laide odyssée
les mêmes tambours usés nous précèdent toujours
le murmure des fauves courant le long des rails
surgissant des jardins suspendus
la fièvre nous l'avons bercée comme un gemme
brûlure fidèle de nos venins
forçant les âmes
là-bas
baignant la terre
là-bas
et les branches et les corps qui en sortent depuis
sont tordus de douleur
ils n'en finissent pas de rouler
dans l'ombre amère

mardi 8 novembre 2011

Aimant, brûlure

Je ne connais pas ces terres par la peau. L'iris d'huile y saigne abondamment à la demande des arbres nourriciers. Je voudrais que tous les rêves d'une aube vierge des sirènes se rejoignent au-dessus de la vieille ville. Mais ces terres sont menées par le livre. Chaque coup sera rendu dit-il. Les mains coupées sur la rivière ont été vues de tous. Et je pense à ces enfants qui s'éteignent, à ces yeux d'enfants crevés en plein soleil et dans la poussière, et je pose ma tête à plat du sol pour écouter ce qu'ils disent à travers nuit. Leur chant est venu rejoindre l'eau des caldeiras. Mais les perles des blessures vont sécher, noircir et leurs frères auront ces martyres d'oiseaux plein leur souffle. L'ombre est une cache d'insurgés. Bien sûr qu'ils prendront les armes.