mardi 22 janvier 2013

pièce n.06: l'oeil


Le soufre est dans les caves. C’est l’œil dit-on.
Ils viennent en silence au moindre interstice sur le jour. Les rues, les allées souterraines, là où glissent des trains aveugles, tout va se couvrir d'un voile. Les oiseaux s'étaient déjà tus, il n'y a pas de vent venimeux qui précédera l'attaque.
Plus rien de moi dans ces paumes, ces doigts comme des rampants sous l’eau. Ils passent le pont que je ne peux pas voir. Un seul et même visage, quel que soit le nombre. Ils sortiront comme l'éclair de leur poche des pans de nuit immenses dont ils couvriront telle ou telle proie de hasard. Pas de raison, pas de mesure. Ils sont les angles aigus contre le cercle.

Tu donnes contre la lame. Par là où le métal existe soudain, tout ce qui n’est pas toi se mêle à la surprise du sang. Le couloir carrelé, la nuit fluorescente, les chants qui n'étaient pas encore écrits prennent la brèche imprévue sur le temps.
Et tu t’effondres là, dans l’orgue muet des machines. Seul et foule. Comme des sagaies les masques autour grandissent, se déforment, et prennent les profils du feu.