jeudi 2 mai 2013

pièce n.09: huile sommeil

Elle fait pleuvoir sous la peau
ses doigts d’eau vont jusqu’à la moelle
et cherchent à salir l'âme
et couper tous ses ponts.
Rien n'échappe à sa teinte. Le ciel brûlé d’une fleur sale. Les précipités se mélangent, me coupent et m'épuisent.
Je dois partir, quitter davantage que les pas écrits et réécrits de longues heures.
Apprenti miroir des gestes de la roche
près des poussières brutes près des plus infimes frères d'or
marchant glissant tout contre l’ocre et la rouille apaisée du ciel
j’apprendrai à défaire toutes les courses haletantes
les gongs sous la peau, dans les cheveux, au long du sang
à ne plus vouloir retenir les villes tandis qu'elles brûlent au néon.
En quittant les yeux de la voûte peinte, la grande presse qui depuis les toits lève des colonnes de silence
on s'expose à la route
ses averses de gravier
chaque caillou a dans sa bouche,
dissimulé,
un rêve d'enfant qui est toujours une prière
on s'expose à la route
la vraie couleur des choses
inspiré du chat faire son pain de toutes les heures liées
guérir des équations
guérir des lois