lundi 19 décembre 2016

samedi 17 décembre 2016

mercredi 7 décembre 2016

sans titre

Ne sachant pas moi-même construire une maison 
je vais par les chemins
désarmé
je n'en veux pas
aux animaux qu'ils ont dressé devant moi  
et qui dessinent des houles blessées sur la
carte
je sais la musique des chaînes
je ne leur en veux pas
moi aussi j'ai été dans les pierres
jetées contre des corps
le goût du sang dans la bouche
est celui du soleil
tout le décor
toute sa poussière
se remontent à l'aveugle
rien ne glisse, rien n'est souple
l'émeraude grasse des plantes
me manque plus que l'eau
je suis là, sans histoire, terrassé,
et je reconnais comme mes frères
les blocs de carrière rectilignes
qui s'effondrent dans un fracas doré

dimanche 20 novembre 2016

"Atelier" lu par Cathy Garcia Canalès

“Atelier”, publié dans le numéro 52 (octobre 2015) de la revue Nouveaux Délits, lu par Cathy Garcia Canalès.

                 
                              



samedi 12 novembre 2016

système racinaire

Il a traversé toute la ville
on lui avait dit qu'il y a là
un caillou au visage remarquable
ou tel décrochement de mur favorable au souvenir
des après-midi entières ainsi
inquiètes
serrées dans l'eau inerte
parfois des parfums violents surgissent et le frôlent
sans rien activer
ses jours sont pleins de ces pluies stériles
qu'il avait cru pouvoir laisser en enfance
chez lui des planisphères, des cartes,
sous les à plats que tu sais
de petites taches de sang n'en finissent plus de sécher
la mémoire coupable qui le relie à la poussière
alors il continue ses diagonales hasardeuses
les rues ne cessent de se resserrer
et quelques fois
entré dans un cimetière
il s’allège un peu du poids de son sang
en frottant ses mains
sur la pierre noire

mardi 1 novembre 2016

jeudi 27 octobre 2016

Publication sur colette.fr

Publication de Je ne rentrerai pas sur le site web de colette, dans le cadre du concours d'écriture Proêmes de colette, associant la marque de vêtement Proêmes de Paris au concept store colette.
 






dimanche 16 octobre 2016

dimanche 25 septembre 2016

parallèles

Comment rallier la chair
comme on ouvre un pain
quand les armes changent de main
elles qui glissent et glisseront sur le décor
quand l'envers de nos fruits sont des grenades incendiaires
j'ai entendu hurler
mais je n'ai pas bougé
j'ai entendu hurler
la rue se tordait comme un serpent blessé
bords coupants
entre les cris, tous ces ongles griffaient nos murs
nous dormons là-haut, dans nos criques
enfants, mères et pères embrassent les cendres et l'huile de nos heures usinées
en contrebas
nous les foulons
chaque jour est un soc affreux
et cette nuit encore
le silence qui a suivi était si dur
une pluie de pierre
à nos pieds


dimanche 4 septembre 2016

Publication dans Microbe

Publication d'un poème, Gouffre, dans le numéro 97 (septembre-octobre 2016) de la revue Microbe (Belgique), dirigée par Eric Dejaeger. 





http://courttoujours.hautetfort.com/sport/

dimanche 24 juillet 2016

Synthèse

Face aux heures amoncelées sur la ville
unie et close
il pense aux plantes quand elles deviennent des palais intimidants
et finissent par ne plus répondre
il pense aux ciels qu'il n'a pas touché
saturés d'escadrons de myrrhe, de résine
aux fruits comme des avaries solaires, prêts d'éclater
les taches de cobalt sur la carte
se sont sans doute les larmes du peintre
la vie s'est chargée de les vitrifier
il redessine deux corps
dans l'air instable
deux corps emmiellés
tombés sans hâte
entraînés par la lumière dans une danse hermétique
deux corps comme des criques amères
deux corps
dans la course suave de leur floraison
hymne brûlé

lundi 16 mai 2016

sans titre

Jardin pièces d’eau meurtris
pont rompu
le bel animal est à terre
nos chirurgies ont glissé sur les eaux
frustes du songe
comme les insurgés, adossés au mur encore brûlant,
nous avons regardé sans crainte monter cette
mer fidèle
bâillon sur nos plaies
nous avons déterré sa poitrine secourable
quelques heures
avant les ors cruels de l’aube
avant que le sel ne floute à demi cette
grande carcasse
la grande marche dans la chambre d’échos
les rues sont noires de doléances
petit enfant petit oiseau brûlé
quelques heures
et le jour hissé, drapeau sans couleur sur
les nouveaux champs d’esclaves.
Nos chirurgies ont passé le parapet
creusant crevant le théorème
infiniment précis
infiniment logique
qu’ils avaient glué pour nous
je tombais tombais tombais
dans leurs écrans de contrôle
mon corps brillait comme une lame chercheuse

samedi 16 avril 2016

Publication dans La Gazette de la Lucarne

Publication d'un poème, Le chantier contrarié, dans le numéro 89 (avril 2016) de la revue La Gazette de la Lucarne, éditée par la librairie La Lucarne des Écrivains (115 rue de l'Ourcq, Paris 19e).







samedi 9 avril 2016

épave

Ce soir je glisserai dans la ville
sous ses peaux successives
dans un vaisseau de lune
lutter remonter les veines corrompues
la pierre dégoutte d'ombre
la mesure affreusement battue par l'eau noire
qui brûle le pavé
une lampe un cri
une lampe un cri
une lampe un cri
ainsi va le rebond des totems hideux
nous lisons sans comprendre

La nuit a son peuple d'éclats bruts
tessons d'ossements, ciment, boulons canines
charriés par la caravane fluorescente 
et l'aube le danger fauve d'un fleuve en
débâcle
des colonnes imprécises s'y meuvent jusqu'au
ciel et prolongent le vieil incendie

Rien ne lave ce grand corps
qui se soulève comme une mer
ample et régulière
tout ce qui vient dormir dans ses paumes est marqué
à jamais

Il n'y a plus de danseur pour convoquer le
soleil nourricier
des guetteurs farouches dessinent les bords
du chemin
les accès aux toits ont été condamnés
les derniers refuges
les derniers arbres libres ont été rattrapés
les crocs sont dans la nasse

Regarde tes mains
vois ce qu'elle nous fait
les hurlements dégoupillés ne dévient plus nos courses
on cache nos gemmes dans des puits toujours
plus profond
à l'abrupt à l'aplomb des briques
quand la pluie menace jusqu'à la chair
nous sommes nus isolés sur les murs

Ce soir je glisserai dans la ville
j'irai me coucher comme les autres
le long de notre mère
le long de ses eaux mortes
épaisses des ruines du jour


dimanche 27 mars 2016

manifeste dans les rides de l'eau

Comprenez-moi Monsieur le juge
je n'ai rien initié
un matin
la plaie était là
juste au-dessus de moi
sa dentelle
ses bords nacreux sur la peinture vierge
étaient déjà terribles
je la fixe
elle m'appelle
alors vrai, je me laisse prendre
mon corps soulevé se distend dans un rayon indicible
trop souple car sa sève glacée
Monsieur le juge, cet œil fané m'aspire !
Je me détourne de siècles entiers sans la caresse du jour
les gorges biseautées, le linge claque, il est nu, le vent y crache
les champs magnétiques font des dos de chat pour ne pas même nous effleurer
on se débat on nage dans des silos
on crève de ce poivre que laisse la décrue de nuit
les pleins et les déliés bafoués du visage pèsent le poids d'une ville immobile
auscultez-nous
le fruit de saison manque tant qu'il creuse
évide la cage thoracique
tout le corps vire aux sarments stériles
sous la poupée de terre cuite
maintes fois assiégée
maintes fois recollée
les flammes ne dansent plus
les murs cachent d'autres murs
le coup de pioche absurde dans les ombres stagnantes
et puis la rage sèche
la bave se coince dans les entrelacs
les derniers clapots s'éteignent avant de pénétrer nos cercles
ma parole ce sont des cercles de feu qui nous vêtent
la glaise brûle la paupière close sur la mare brûle
alors comprenez-nous, comprenez-moi
on se laisser amener
la plaie me tire comme une bête
je la désigne comme mon lieu de naissance.

Je vous le dit, Monsieur le juge,
si de nouveau par chance ce monde s’égratigne à l'aplomb de mon corps caisson
je n'hésiterai pas
je coulerai muettement vers la bouche inopinée
et cette fois elle m'embrassera
elle me mangera
j'aurai l'air de dormir, Monsieur le juge,
prêt à couper votre bras
je fonderai sans remède.

vendredi 25 mars 2016